Les comportements divergents des boomers

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Dossier de recherche

Les comportements divergents des boomers [face à ceux de leurs parents] pourraient les rendre plus vulnérables dans leur vieillesse

Une nouvelle étude publiée dans les Cahiers québécois de démographie fait la lumière sur les changements observés dans les comportements des baby-boomers, soit les personnes nées entre 1946 et 1965,  comparativement à ceux de leurs prédécesseurs en ce qui a trait au fait de devenir parent et de vivre en union.

Les auteures de cette étude, les sociologues France-Pascale Ménard et Céline Le Bourdais de l’Université McGill, soutiennent que les différences dans ces comportements auront « indéniablement des répercussions sur l’apport d’aide aux personnes âgées dans l’avenir ».

Dans leur étude s’intitulant «Diversification des trajectoires familiales des Canadiens âgés de demain et conséquences prévisibles sur le réseau de soutien», elles documentent, avec chiffres à l’appui, de quelle façon les unions sont devenues plus instables et les familles plus complexes depuis l’époque des parents des baby-boomers.

Par exemple, les ruptures d’union à la suite d’un mariage ou d’une union libre se produisaient peu souvent chez les personnes nées entre 1923 et 1932. Chez les personnes nées entre 1953 et 1972, soit une bonne partie des baby-boomers, près d’une personne sur deux avait mis fin à une première union à l’âge de 45 ans.

Par ailleurs, le fait d’avoir des enfants à l’intérieur de différentes unions était très rare chez les personnes nées avant la deuxième guerre mondiale. Cependant, ce phénomène est de plus en plus présent à mesure que l’on examine les cohortes nées plus récemment : cela toucherait plus d’une femme sur cinq née entre 1963 et 1972 et une portion encore plus grande d’hommes nés durant la même période. Ces derniers seraient d’ailleurs d’autant plus susceptibles d’être beau-père lorsqu’ils atteignent un âge plus avancé.

Les chercheuses soutiennent que ces phénomènes ne seront pas sans conséquences lorsque les boomers, qui entrent maintenant à l’âge de la retraite, approcheront la fin de leur vie. Plus particulièrement, elles appréhendent que les personnes âgées de demain se retrouvent avec un réseau familial trop petit ou trop éclaté pour qu’elles puissent compter sur des personnes qui leur apporteront de l’aide en cas de besoin.

Elles ignorent toutefois pour l’instant l’ampleur que pourra prendre ce problème. D’autres recherches, qui sont en cours, tentent de déterminer dans quelle mesure les réseaux d’entraide des individus qui arrivent aux âges avancés varient en fonction des différents parcours conjugaux et parentaux qu’ils ont suivis. Celles-ci examinent également en quoi les différents parcours vécus influencent l’aide reçue par les aînés.

L’analyse repose sur une exploitation de l’Enquête sociale générale (ESG) sur les transitions familiales dont les données ont été recueillies par Statistique Canada en 2006. L’échantillon retenu comprend quelque 16 000 répondants âgés de 34 à 83 ans. Un résumé peut être obtenu sur le lien suivant : Changements de population et parcours de vie. Dossier de recherche 14. Pour plus d’informations, contactez: Céline Le Bourdais, Département de sociologie, Université McGill.

For more information:
www.pclc-cppv.ca